La prothèse TMC, abréviation de prothèse trapézo-métacarpienne, fait partie des plus petites prothèses articulaires utilisées par les chirurgiens orthopédiques de la main. A quoi ressemble une prothèse TMC et quand la placer ?
Constitution d’une prothèse TMC trapézo-métacarpienne
Une prothèse TMC a pour objectif de remplacer l’articulation trapézo métacarpienne, située à la base du pouce, de manière à donner une néo-articulation plus mobile et indolore.
Pour bien comprendre ce qu’est une prothèse TMC, il faut donc avoir en tête la manière dont est constituée une articulation trapézo-métacarpienne normale.
L’articulation TMC réunit la face distale du trapèze sur le poignet et la face proximale du premier métacarpien sur la main, en amont des doigts. Cette articulation offre une légère courbure concave dans le sens radio-ulnaire, et une courbure convexe plus marquée dans le sens dorso-palmaire, se traduisant par la formation d’une crête dorso-palmaire courbée sur le trapèze.
Sur le premier os du métacarpe, la congruence avec le trapèze n’est pas parfaite, car le rayon de courbure de la convexité métacarpienne est plus petit que la concavité du trapèze. Cette particularité anatomique explique l’instabilité osseuse relative de l’articulation du pouce, et l’importance fonctionnelle des tissus de soutien ligamentaires et musculaires. C’est la cause de la relative fréquence de l’arthrose du pouce ou rhisarthrose, caractérisée par une usure progressive et irréversible du cartilage articulaire.
Pour mimer au mieux une articulation de la base du pouce, une prothèse TMC comprend ainsi deux constituants principaux :
- Une cupule en polyéthylène sur l’os trapèze ;
- Une pièce métacarpienne en titane ou autre alliage inoxydable, constituée d’une tige et d’un col adapté à la cupule.
Quand poser une prothèse TMC ?
Une pose de prothèse TMC s’envisage rarement en première intention : elle est indiquée en seconde intention, quand les douleurs du pouce ou la mobilité du doigt ne sont pas améliorées par le traitement conservateur (traitement naturel de l’arthrose du pouce par physiothérapie et kinésithérapie, traitement médical avec ou pas infiltrations dans le pouce). Cet échec du traitement initial de la rhizarthrose peut justifier une opération du pouce.
Face à une opération du pouce pour arthrose, le chirurgien spécialiste de la main et du poignet bénéficie toutefois d’autres solutions techniques, comme la trapézectomie totale ou partielle. La récupération fonctionnelle du pouce et de la force de la colonne articulaire du doigt est généralement meilleure avec une pose de prothèse TMC, sous réserve de l’absence de complications et d’une chirurgie du pouce réussie.
Après rééducation complète, la plupart des patients retrouvent un pouce quasi normal.
Toutefois, la pose d’une prothèse TMC se doit s’envisager qu’après appréciation du rapport bénéfices risques, par un chirurgien spécialiste de la main, en tenant compte de l’âge du patient et de ses objectifs de récupération manuelle.
Toute prothèse mécanique va en effet être soumise à des contraintes mécaniques plus ou moins importantes, pouvant favoriser des risques de descellement à court terme ou des risques d’usure prématurée à long terme, au bout de 10 à 15 ans.
Dans tous les cas, une prothèse TMC peut se remplacer et il est alors toujours possible d’effectuer un retrait de l’os trapèze, que ce soit par trapezectomie à ciel ouvert ou par trapézectomie arthroscopique.
