Le syndrome du canal carpien se définit comme un problème mécanique, lié à une compression du nerf médian à hauteur du poignet. Pourtant, il existe parfois un lien entre un problème mécanique et un problème métabolique comme l’hypothyroïdie : le Dr Thomsen, spécialiste de la main et du poignet à paris, explique pourquoi.
D’où vient le syndrome du canal carpien ?
Le syndrome du canal carpien résulte d’une compression du nerf médian à hauteur du poignet, occasionnant dans un premier temps des troubles sensitifs (fourmillements, picotements, décharges électriques dans le pouce…), suivis plus ou moins rapidement de troubles moteurs (perte de force de la main et du pouce).
Les causes de cette compression peuvent être toutefois multiples, selon qu’elles atteignent le tunnel carpien ou plus spécifiquement le nerf : des anomalies anatomiques, des séquelles de fractures, des contraintes mécaniques ou externes exacerbées et répétées (maladie professionnelle) peuvent ainsi diminuer le canal carpien.
En parallèle, d’autres affections peuvent toucher plus spécifiquement le nerf médian et donner des signes de compression du canal carpien : neuropathies périphériques, pathologies inflammatoires, modifications de l’équilibre hydro-électrique ou encore troubles métaboliques altérant le fonctionnement normal du nerf médian ou sa sensibilité. L’exemple le plus connu reste probablement celui du diabète sucré, où les modifications métaboliques favorisent le syndrome compressif du canal carpien en agissant sur la prolifération vasculaire, l‘œdème synovial, l’épaississement des parois vasculaires et la neuropathie diabétique.
Comment l’hypothyroïdie peut causer un syndrome du canal carpien ?
L’hypothyroïdie est un trouble endocrinien caractérisé par une insuffisance de sécrétion et/ou d’action des hormones thyroïdiennes.
La thyroïde synthétise principalement deux hormones thyroïdiennes appelées triiodothyronine (hormone T3) et thyroxine (hormone T4).
L’hypothyroïdie peut être congénitale, mais elle est le plus souvent acquise, en restant bien plus fréquente chez la femme que chez l’homme : causes carentielles (manque d’iode, rare en France), causes auto-immunes (thyroïdite d’Hashimoto, thyroïdite du post-partum, thyroïdite atrophique de la ménopause…), causes iatrogènes (cancer de la thyroïde et radiothérapie…)…
Lorsque les hormones thyroïdiennes circulant dans le sang diminuent, plusieurs modifications métaboliques sont observées, dont l’accumulation de sucres complexes dans les tissus. Ces mucopolysaccharides ont pour propriété de fixer l’eau présente dans le milieu interstitiel ou intracellulaire, déclenchant des œdèmes comme le myxœdème de la face.
Lorsque cet œdème affecte le poignet d’un sujet atteint d’hypothyroïdie, les signes de compression du canal carpien se développent.
La prise en charge d’un syndrome de compression du canal carpien chez le patient hypothyroïdien nécessite alors une prise en charge globale, associant souvent endocrinologue et chirurgien spécialiste de la main et du poignet.
Un électromyogramme est systématiquement réalisé pour apprécier le retentissement de la compression sur le fonctionnement du nerf.
En cas d’atteinte légère du nerf médian, la priorité doit être donnée au traitement médical de l’hypothyroïdie s’il est possible : une hypothyroïdie stabilisée entraîne généralement une baisse de l’œdème, et donc une diminution de la compression du nerf médian. Ce traitement hormonal est complété par un traitement conservateur du SCC, avec notamment des séances de kiné du poignet.
En cas d’atteinte sévère du nerf médian sur le canal carpien, la priorité va être la libération du nerf médian à hauteur du poignet, pour empêcher toute lésion irréversible du nerf associée à l’hypothyroïdie.
